Adèle

Adèle

Bourvil, Maurice Alexander, java

Huit ans et d’mi,
Un vrai p’tit ti-ti de la but-te,
A-vec son p’tit nez en l’air,
Ses deux grands yeux plus clairs que la mer

Elle fai-sait rien du soir au ma-tin
Qu’des cul-bu-tes
Dé-va-lant du haut en bas
A-vec le pe-tit gars du ta-bac

Aus-si pen-dant des jours en-tiers,
On en-ten-dait dans le quar-tier

A-dè-le! ta ma-man t’ap-pel-le!
Veux-tu ren-trer, viens vite à la mai-son
A-dè-le! ta ma-man t’ap-pel-le,
Tu n’au-ras donc ja-mais l’age de rai-son!

Si tu n’as que l’en-vie d’al-ler t’a-mu-ser a-vec les gar-çons,
Tu ver-ras dans la vie, que d’cou-rir ain-si, c’est pas des fa-çons!
A-dè-le ta ma-man t’ap-pel-le!
Veux tu ren-trer, viens vite à la mai-son
A-dè-le!

Dix ans plus tard,
De-puis « Ro-che-choir » jus-qu’à « Blan-che »
Tous les soirs on peut les voir
S’en-la-cer plein d’es-poir, dans le noir

Ses deux grands yeux sont res-tés
Plus bleus gris per-ven-che,
Et si son pe-tit cœur bat
C’est tou-jours pour le gars du ta-bac
Mais quand il veut la bé-co-ter,
On en-tend dire de tout co-té

A-dè-le! ta ma-man t’ap-pel-le!
Veux-tu ren-trer, viens vite à la mai-son
A-dè-le! ta ma-man t’ap-pel-le,
Tu n’au-ras donc ja-mais l’age de rai-son!

Si tu n’as que l’en-vie d’al-ler t’a-mu-ser a-vec les gar-çons,
Tu ver-ras dans la vie, que d’cou-rir ain-si, c’est pas des fa-çons!
A-dè-le ta ma-man t’ap-pel-le!
Veux tu ren-trer, viens vite à la mai-son
A-dè-le!

Mais au ta-bac
C’est le bran-le-bas des di-man-ches,
Et dans la p’tite salle du fond
Un air d’ac-cor-dé-on tourne en rond

A-dèle est là sou-ri-ante
Dans sa ro-be blan-che,
Et près d’el-le son ma-ri,
Qui pa-raît très é-pris, lui sou-rit

Ils vont par-tir à pas de loup,
Mais toute la noce cri tout à coup

A-dè-le! ta ma-man t’ap-pel-le!
Veux-tu ren-trer, viens vite à la mai-son
A-dè-le! ta ma-man t’ap-pel-le,
Tu n’au-ras donc ja-mais l’age de rai-son!

Mes l’en-traî-nant dé-jà,
Son ma-ri tout bas lui dit ten-dre-ment
Ne les é-cou-te pas
Ce soir, il y a un p’tit chan-ge-ment,

A-dè-le, ma pe-tite A-dè-le,
C’est à ton tour d’ap-pe-ler ta ma-man
A-dè-le-